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Le marché du travail en France depuis 25 ans

Les 10 chiffres qui montrent la métamorphose du marché du travail depuis 25 ans

Le ministère du Travail vient de publier une étude se penchant sur l'évolution des embauches et des ruptures en CDI et CDD depuis 25 ans en France. De quoi casser quelques idées reçues bien ancrées, y compris dans les plus hautes sphères de l'État.

 

 

On entend tout et son contraire sur le marché du travail hexagonal: qu'il est rigide, non fluide, dual, qu'il est impossible de licencier, que les salariés ne démissionnent plus parce que les ruptures conventionnelles ont tout mangé, que les entreprises ne recrutent qu'en CDD et plus en CDI... C'est d'ailleurs ce qui poussent les économistes et les pouvoirs publics à multiplier les réformes pour introduire/inventer -c'est la tendance de ces 15 dernières années- une forme/sorte de flexisécurité à la française, inspirée des pays nordiques. Pour y voir clair, le service statistique du ministère du Travail (dares) vient de publier une très intéressante étude intitulée «CDD, CDI: comment évoluent les embauches et les ruptures depuis 25 ans?». Une étude qu'il est possible de résumer en 10 chiffres clés et qui permettent de casser quelques idées reçues, y compris dans les plus hautes sphères de l'État...

 

1/ La part des personnes en CDI (hors intérim) dans l'économie n'a pratiquement pas évolué depuis le début des années 1980 en France. Elle est passée de 94% en 1982 exactement après la victoire de François Mitterrand à la présidentielle un an plus tôt à 88% en 2017. Ce qui revient à dire que, peu ou prou depuis 35 ans, neuf salariés sur dix sont en CDI.

 

2/ La part des embauches en CDD (dans les embauches totales) a certes progressé depuis le début des années 1990 mais elle n'a pas explosé comme il est souvent indiqué. Elle est ainsi passée de 76% en 1993 (soit trois sur quatre, déjà) à 87% en 2017 (soit près de neuf sur dix). Le taux a beau être impressionnant, il n'a rien en évolution du raz-de-marée dont les politiques abreuvent régulièrement l'opinion.

 

3/ Le taux d'entrée en CDD (c'est-à-dire le rapport entre les embauches en CDD et les effectifs de l'établissement) a quant à lui bel et bien explosé et montre parfaitement un changement important de comportement d'embauche. Ainsi, relève la Dares, «depuis 1993, ce ratio est multiplié par plus de 4 pour les établissements de plus de 50 salariés, passant de 20,5% en 1993 à 84% en 2017». Une hausse qui s'est déroulée en deux temps: d'une façon modérée de 1993 à 2000, plus exponentielle par la suite.

 

4/ La durée moyenne des CDD a quant à elle été divisée par un peu plus de deux depuis le début du millénaire, passant de 112 jours en 2001 à 46 jours en 2017.

 

5/ La part des contrats de moins d'un mois a augmenté tendanciellement sur la période, passant de 57% des CDD en 1998 à 83% en 2017. Dans ce lot, la part des contrats d'une seule journée s'est accrue de manière exponentielle en passant de 8% en 2001 à 30% des CDD en 2017. Ce qui revient à dire que près d'un tiers des CDD signés chaque année en France sont de moins d'une journée!

 

6/ La multiplication des recrutements en CDD très courts n'est pas généralisable à l'ensemble de l'économie, bien au contraire. Dans l'industrie et la construction, note la Dares, la part des CDD très courts dans les établissements de plus de 50 salariés a ainsi diminué entre 1998 et 2017, respectivement de 40,6% à 32,4% pour les premiers et de 32,9% à 21,9% pour les seconds.

 

7/ À l'inverse, la part des CDD très courts dans les établissements de plus de 50 salariés a fortement augmenté dans les services où la part des personnes signant uniquement des contrats d'une durée inférieure à un mois sur un trimestre avoisine les 40%. Elle est ainsi passée de 60% au milieu des années 1990 à plus de 80% aujourd'hui.

 

8/ Si les démissions représentent toujours aujourd'hui, et de loin, le premier motif de rupture anticipée de contrat le plus fréquent (40% en 2017, devant les fins de période d'essai et les licenciements pour motif personnel), la part des licenciements économiques s'est littéralement effondrée, passant d'environ 20% des fins de contrat en 1993 à 5% à partir des années 2000 et même moins de 2% en 2017. Une baisse plutôt de nature structurelle, note le ministère du Travail, qui s'explique notamment par le changement de comportement des entreprises qui utilisent des modes de fins de contrat plus diversifiés, et notamment la rupture conventionnelle.

 

9/ Les ruptures conventionnelles, introduites en 2008 dans le Code du travail et dont plus de 400.000 sont homologuées chaque année désormais par les services du ministère du travail, «se seraient avant tout substituées à des démissions de CDI (environ 75% entre 2012 et 2017) et, dans une moindre mesure, à des licenciements économiques (entre 10 et 20%). Les 5 à 15% des ruptures conventionnelles restantes seraient des ruptures de contrat qui n'auraient peut-être pas eu lieu sans l'introduction du dispositif», note la Dares.

 

10/ Le taux de rotation de la main-d'œuvre, défini comme la moyenne des taux d'entrée et de sortie, présente enfin une forte tendance à la hausse depuis 25 ans, puisqu'il s'établit à 95,8% en 2017 pour l'ensemble des établissements de plus de 50 salariés, contre 28,7% en 1993.

 

Source : Le Figaro.fr

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